Blanche-Neige (1ère partie)

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Titre: Blanche Neige (première partie)
Auteurs: Jacob & Wilhelm Grim
Source: http://fr.wikisource.org/wiki/Blanche_Neige
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Fiche de l'enseignant

Blanche-Neige

C’était l’hiver.
Une reine cousait, assise auprès d’une fenêtre dont le cadre était en bois d’ébène, tandis que la neige tombait à gros flocons.
En cousant, la reine se piqua le doigt et quelques gouttes de sang tombèrent sur la neige. Le contraste entre le rouge du sang, la couleur de la fenêtre et la blancheur de la neige était si beau, qu’elle se dit :
– Je voudrais avoir une petite fille qui ait la peau blanche comme cette neige, les lèvres rouges comme ce sang, les yeux et les cheveux noirs comme les montants de cette fenêtre.
Peu de temps après, elle eut une petite fille à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang, aux yeux et aux cheveux noirs comme l’ébène. On l’appela Blanche-Neige. Mais la reine mourut le jour de sa naissance.
Un an plus tard le roi se remaria. Sa femme était très belle et très jalouse. Elle possédait un miroir magique, don d’une fée, qui répondait à toutes les questions. Chaque matin, tandis que la reine se coiffait, elle lui demandait :
– Miroir, miroir en bois d’ébène, dis-moi, dis-moi que je suis la plus belle. Et, invariablement, le miroir répondait :
– En cherchant à la ronde, dans tout le vaste monde, on ne trouve pas plus belle que toi.
Cependant, Blanche-Neige grandissait et devenait de plus en plus gracieuse.
Un jour où, comme de coutume, la reine interrogeait son miroir, celui-ci répondit :
– Reine, tu étais la plus belle, mais aujourd’hui Blanche-Neige est une merveille.
A partir de ce moment, la reine se mit à haïr Blanche-Neige. Enfin, n’y tenant plus, elle fit venir un de ses gardes et lui dit :
– Emmène cette enfant dans la forêt et tue-la.
Le garde conduisit Blanche-Neige dans la forêt, mais, comme il levait son couteau pour la tuer, il fut si ému par ses larmes et sa beauté qu’il n’acheva pas son geste. En s’éloignant, il pensa qu’elle serait bientôt la victime des bêtes sauvages.
La pauvre Blanche-Neige demeurée seule dans la forêt se mit à courir, trébuchant sur les cailloux. Vers le soir, alors que ses petits pieds ne pouvaient plus la porter, elle arriva auprès d’une jolie maisonnette et entra se reposer.
Elle y trouva une petite table dressée, avec sept petites assiettes et sept petits couverts. Contre le mur, il y avait sept petits lits, aux draps bien tirés, blancs comme neige. Blanche-Neige, qui avait très faim et très soif, mangea un peu de la nourriture préparée dans chaque assiette et but une gorgée de vin dans chaque verre. Puis, comme elle était très fatiguée, elle se coucha et s’endormit immédiatement.
Le soir, les habitants de la maisonnette arrivèrent. C’étaient sept nains qui cherchaient dans la montagne de l’or et des diamants.
Le premier nain, regardant autour de lui, vit une petite fille qui dormait couchée dans son lit. Il appela ses compagnons qui se précipitèrent, élevant leurs lanternes pour mieux la voir.
– Oh, la jolie petite fille ! s’écrièrent-ils.
Ils la laissèrent dormir, la veillant avec amour.
Quand Blanche-Neige se réveilla et qu’elle vit les sept nains, elle eut d’abord peur. Mais ils étaient si doux et si souriants qu’elle se rassura bientôt. Ils lui demandèrent son nom et comment elle était parvenue dans leur demeure.
La petite fille leur raconta son aventure. Les nains lui proposèrent de rester avec eux.
– Tu t’occuperas de la maison, tu feras la cuisine, et tu raccommoderas notre linge…
Blanche-Neige remercia et accepta, toute heureuse.
Dans la journée, pendant que les nains étaient partis extraire l’or et les pierres précieuses de la montagne, la fillette restait seule. Mais ils lui avaient bien recommandé de n’ouvrir à personne.
– Méfie-toi de ta belle-mère. Elle ne tardera pas à apprendre que tu es vivante, et viendra te rechercher jusqu’ici.
La reine croyait être de nouveau la plus belle femme du monde. Un jour, elle voulut se le faire confirmer par son miroir. Le miroir répondit :
– Reine, tu étais la plus belle, mais Blanche-Neige au pays des sept nains, au-delà des monts, bien loin, est aujourd’hui une merveille.
La reine savait que son miroir ne mentait pas. Furieuse, elle comprit que le garde l’avait trompée et que Blanche-Neige vivait encore.
Elle réfléchit longtemps au moyen de s’en débarrasser, et décida de se rendre chez les sept nains. Après s’être bruni le visage et habillée en marchande, elle frappa à la porte de la maisonnette en criant :
– Belle marchandise à vendre, belle marchandise !
Blanche-Neige se pencha à la fenêtre et demanda :
– Bonjour brave femme. Que vendez-vous ?
– Des corsets, des rubans, et toutes sortes de colifichets.
« Je peux bien laisser entrer cette brave femme », pensa Blanche-Neige, et elle ouvrit la porte pour acheter quelques rubans pour son corselet…
– Comme ils vous vont bien ! s’exclama la marchande avec admiration. Mais laissez-moi vous lacer, vous jugerez mieux de l’effet. Blanche-Neige, qui ne se doutait de rien, la laissa faire. La vieille serra si vite et si fort que la jeune fille tomba à terre comme morte.
– Et maintenant, ricana la reine, je suis de nouveau la plus belle femme au monde. Et elle quitta rapidement la maisonnette.