Jean-le-Collet (1ère partie)

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Titre: Jean-le-Collet (première partie)
Auteur: Adapté d'un conte populaire
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Jean-le-Collet

Il était une fois un jeune garçon, fils d'un paysan bien nanti, qui faisait commerce de beaux légumes qu'il cultivait sur ses terres. Le jeune homme, astucieux et entreprenant, portait le sobriquet de Jean-le-Collet. C'est son parrain Arthur, un caboteur prospère de la région, qui lui avait donné ce nom. Le parrain en question était riche, et respecté dans tout le comté de la rive sud du fleuve. Un matin, le père de Jean-le-Collet dit:
- Mon fils, tu vas traverser le fleuve et aller vendre ces beaux choux et ces navets sur la rive d'en face où il y a un gros marché. Rapporte l'argent de ta vente. Tout ce que tu auras gagné.
Le fils quitte le rivage sur son petit bateau tout chargé de légumes frais, bien avant le lever du soleil. Il débarque au quai de la ville et s'en va au marché. En peu de temps, il vend tout son chargement et empoche l'argent. Avant de retourner chez lui, comme il est curieux, il pense: «Je vais louer une voiture et aller faire un tour de ville.»
Et le voilà parti. Ah ! qu'il est ravi d'admirer les beaux bâtiments, les églises, les maisons de pierre, les rues et les jardins fleuris. Bien content de sa visite, il retourne vers le quai.
En chemin, près d'une étable, voilà-t'y pas qu'il voit un homme couché sur un tas de fumier.
- Qu'est-ce que cet homme fait là? demande Jean-le-Collet au cocher.
- Ah ! c'est un gueux qui est mort avant d'avoir payé ses dettes. Par ici, ces gens-là, on les met sur un tas de fumier parce qu'ils n'ont pas le droit d'être enterrés au cimetière, répond le cocher.
Jean-le-Collet trouve la nouvelle bien effrayante.
- Combien devait-il d'argent, ce pauvre homme? demande Jean-le-Collet.
- Vingt piastres.
- Voilà, dit Jean. Je paye ses dettes. Faites-le enterrer comme il faut.
Jean-le-Collet donne au cocher tout l'argent gagné avec la vente des légumes de son père. Puis il saute dans son bateau et traverse le fleuve pour retourner chez lui. Ses parents sont sur le quai à l'attendre.
- Alors, fiston, tu rapportes beaucoup? Combien? demande le père.
- Rien du tout! dit le fils. J'ai donné tout ce que j'ai gagné pour faire enterrer un pauvre gueux en terre sainte.
- Quoi! C'est insensé! s'écrient le père et la mère. Jean-le-Collet a beau leur raconter les détails de sa bonne action accomplie dans un élan de générosité, ses parents ne sont pas contents.
- Tu vas retourner vendredi vendre un autre chargement de légumes et, cette fois, gare à toi si tu ne rentres pas avec ta bourse pleine de pièces, dit le père. Si tu as les mains vides, je te renverrai de la maison!
Jean-le-Collet promet de ne pas aller se promener en ville et de rentrer aussitôt ses affaires faites au marché. Mais avant de partir, il décide d'aller prendre conseil chez Arthur, son parrain.
- Parrain, dit-il, j'ai été charitable et pourtant mon père et ma mère sont tellement furieux contre moi qu'ils vont me mettre à la porte s'il m'arrive la même chose.
- Tu as bien fait de faire ce que tu as fait, dit Arthur. Si tes parents te mettent à la porte pour un geste charitable, tu viendras me trouver.
Le vendredi arrive et Jean-le-Collet monte dans son bateau pour traverser le fleuve et aller vendre les beaux poireaux, les belles carottes et les belles betteraves au marché de la rive nord. Ses ventes faites, il ne va pas se promener en ville, mais il quitte aussitôt le marché pour reprendre place dans son bateau. Mais voilà qu'en plein milieu du cours d'eau, il croise un autre bateau et qu'en l'approchant, il se rend compte que le capitaine est en train de jeter par-dessus bord deux filles qui se débattent en criant.
- Hé ! l'ami! lance le capitaine en le voyant arriver. Veux-tu acheter ces deux-là? Sinon, je les jette à l'eau...
- Les acheter? Euh... hésite Jean-le-Collet. Combien coûtent-elles?
- Trente piastres pour les deux.
Trente piastres. C'est tout l'argent que Jean-le-Collet a gagné avec la vente des légumes. Il ne sait quoi faire. Ça lui coûte de donner ce gros montant car il sait bien que ses parents seront en colère. Mais laisser deux jeunes filles se noyer, ce n'est pas possible. Alors, Jean-le-Collet tend sa bourse au capitaine.
- Tiens, dit-il. Je les prends avec moi.
Les deux filles montent à bord du bateau de Jean-le-Collet. Quand celui-ci arrive sans argent au quai du village et avec deux filles, ses parents sont fous de rage. Ils ne font ni une ni deux, ils le mettent à la porte. Vous vous doutez bien de la suite, non? Jean-le-Collet s'en va chez son parrain avec les deux filles qui ont fini par se remettre de leurs émotions. Le parrain les héberge et Jean-le-Collet reste chez lui un bon bout de temps, travaillant avec lui. Et voilà qu'il tombe amoureux de l'une des filles (la plus jolie, il va sans dire) qui s'appelle Armande. Il l'épouse et le petit couple continue à vivre douillettement chez Arthur.
Or le riche parrain, qui vend ses marchandises en cabotant sur la côte de village en village, décide de faire sculpter une belle figure de proue pour décorer son bateau: il se doute bien qu'un navire à l'étrave ainsi parée attirera les clients. Le sculpteur travaille fort et prend comme modèle la jolie Armande, femme de Jean-le-Collet. Arthur et son filleul s'en vont sur l'eau faire leur cabotage avec le bateau garni de sa belle figure de proue.
Là, sur la rive opposée du fleuve, vit un roi qui, depuis un an, pleure la disparition de sa fille bienaimée. Alors qu'elle se promenait sur le quai, des malfaiteurs l'ont enlevée avec sa servante et personne ne les a plus revues. Tous les jours, le roi retourne sur le quai pleurer la perte de sa fille adorée. Or, voici qu'il est saisi de surprise en voyant s'approcher le beau navire du caboteur avec, à la proue, une femme qui ressemble étrangement à sa fille, la princesse Armande.
Il fait donc venir Arthur et Jean-le-Collet pour avoir des explications. Et Jean-le-Collet raconte au roi son aventure.
- Mais cette fille, c'est la princesse Armande, s'écrie le roi.
- Elle est mon épouse, dit Jean-le-Collet.
- Ah ! alors elle est vivante! Ramenez-la-moi, déclare le roi. Vous vivrez ensemble dans mon château. Et l'autre fille enlevée?
- L'autre, répond Arthur, elle est aussi vivante.
- C'est la servante de ma fille, précise le roi... Ramenez-la aussi; demain, j'envoie mon navire vous chercher.
Jean-le-Collet n'en revient pas de sa fortune. Sa belle Armande, une princesse! Le lendemain, le navire du roi vient les chercher. Le roi n'est pas à bord: il a mandé son capitaine. Celui-ci, secrètement amoureux de la princesse Armande, est bien déterminé à se débarrasser de l'encombrant mari durant le voyage.